Jack Lang et le réseau Coral (1982)

L’affaire du Coral ou affaire du lieu de vie, ou affaire des « ballets bleus du Coral » est une affaire d’abus sexuels sur mineurs qui éclata en France en 1982. Très médiatisée à l’époque, l’affaire se distingua par la mise en cause de plusieurs personnalités publiques, ce qui donna lieu à des soupçons de manipulation d’origine politique ou policière. (Source et suite : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Coral)


Le Coral est un lieu de vie, c’est-à-dire un établissement du CRA (Collectif réseau alternatif, organisme gérant d’autres centres du même type) (1) ouvert en 1976 et prenant en charge des enfants handicapés psychologiquement : handicapés mentaux, autistes, psychotiques, drogués, mais aussi des délinquants (2)(3). Le CRA prônait une nouvelle manière de prendre en charge ces mineurs en difficulté (1) à l’opposé du système autoritaire des hôpitaux traditionnels en étant plus compréhensif et en veillant à l’épanouissement des pensionnaires (2). Dans les écrits du CRA, il était affirmé que les pensionnaires étaient suffisamment grands pour vivre leur sexualité (4). La sexualité entre enfants et adultes aurait même été encouragée. A ce jour, le CRA est encore en activité (1).

L’affaire commence le 13 octobre 1982 quand les gendarmes perquisitionnent les bâtiments du Coral qu’ils fouillent dans les moindres recoins et interpellent trois personnes du centre. Le juge d’instruction Michel Salzman qui est derrière cette opération instruit à partir d’une dénonciation détaillée de parents de pensionnaires du Coral qui ont porté plainte (2)(3). Les trois hommes arrêtés sont déférés devant le juge à Paris. Il met ensuite les trois interpellés en examen (2) pour « attentat à la pudeur sans violence sur mineurs de quinze ans et incitation de mineur à la débauche » (1)(2)(5) et les garde en détention (2). Il s’agit de Claude Sigala (le directeur du Coral), Alain Chiapello (psychiatre) et Jean-Noël Bardy (éducateur) (1)(2)(3). Ce dernier reconnaît avoir eu des « activités » sexuelles dans le cadre d’une « thérapeutique » nouvelle (2, Libé).

Au Coral, les enquêteurs ont découvert qu’un pensionnaire du Coral de 11 ans avait été retrouvé mort en 1977. L’autopsie avait conclut une pénétration sexuelle. Un autre pensionnaire, Jean-Pierre Lannez, avait été inculpé, mais il avait obtenu un non-lieux, car étant victime de démence selon les experts. Cela n’avait pas empêché le Coral et Claude Sigala de l’inclure à nouveau en son sein trois ans plus tard, malgré sa dangerosité supposée (1)(2)(6).

En parallèle, Jean-Claude Krief, un ancien animateur du Coral, a dénoncé des pratiques pédocriminelles de cet établissement (1). Plusieurs versions sur le contexte dans lequel Jean-Claude Krief a fait ces révélations ont été avancées à l’époque. Une version est que lors d’un infraction commise par l’ancien animateur, la police aurait découvert des photos pornographiques en sa possession et il aurait alors raconté son histoire (4)(5). L’autre version, généralement privilégiée par les commentateurs, est que Jean-Claude Krief est allé trouver la police de sa propre volonté pour dénoncer les faits (1)(2)(4)(7). Il se serait ainsi rendu au commissariat de La Villette à Paris pour parler de ce qu’il savait sur le Coral (2)(3)(7). Celui-ci leur a dit que des mineurs auraient été régulièrement abusés au Coral, parfois sous l’œil d’appareils photos ou de caméras. Des personnes extérieures au centre y seraient venues pour commettre des abus (1)(3). Jean-Claude Krief aurait infiltré les milieux pédophiles et découverte après découverte serait remonté jusqu’au Coral (2)(3)(7). Pourquoi a-t-il fait ça ? Il aurait dit vouloir combattre ces gens, car il aurait lui-même subi des choses pendant son enfance (2). Après avoir été interpellé le 19 octobre pour non respect du contrôle judiciaire dans une histoire de chèques falsifiés (2)(3)(7), Jean-Claude Krief a de nouveau été interrogé sur le Coral et a donné une liste des abuseurs (7). Parmi eux des psychiatres, des éducateurs, des enseignants, des écrivains, des photographes, des journalistes (2), des directeurs d’autres centres du CRA (1)(2), mais aussi des personnalités (1)(3)(7).

Parmi les personnes citées par Jean-Claude Krief, certaines ont été citées dans d’autres affaires pédocriminelles ou ont été des soutiens dans la promotion de la pédophilie :

– Claude Sigala : Il avait déjà été mis en cause, sans que cela n’aboutisse, dans une affaire d’abus sexuels sur des handicapées mineures dans un centre de Marseille à la fin des années 70. Claude Sigala a plus tard été cité dans une autre affaire judiciaire : celle du CRIES (1) (Centre de recherche et d’information sur l’enfance et la sexualité) (8), un centre de recherche belge qui s’est avéré en fait être une organisation pédocriminelle (1)(8). L’organisation faisait en fait commerce de photos pédocriminelles dont une partie avait même été prise au sein même de locaux du siège de l’UNICEF à Bruxelles. Les enfants étaient fournis par des parents indignes qui les prostituaient. Ce réseau aurait concerné beaucoup de monde dans de nombreux pays, mais au final peu de gens seront condamnés (8). L’adresse du Coral, ainsi que le nom de Claude Sigala figuraient sur des listes établies par le CRIES (1).

– Jack Lang : Ministre de la culture à l’époque des faits. En 1977, Jack Lang avait signé, avec de nombreux autres intellectuels et personnalités, une pétition demandant de libérer trois personnes mises en détention provisoire qui avaient eu des relations sexuels avec des mineurs qu’ils avaient pris en photo (1)(7)(9)(10). En 1991, Jack Lang déclarait dans le magazine homosexuel Gai Pied : « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages (7)(9). » Le nom de Jack Lang a été lié à d’autres affaires de pédophilie que celle du Coral. En 1988 à Cannes, l’école de danse de Rosella Hightower, une ancienne danseuse, était suspectée d’abriter des enseignants pédophiles. Au final personne n’a été condamné. L’adjudant en charge de l’affaire aurait dit que l’enquête avait été sabotée par le magistrat instructeur, car des enfants auraient été fournis à des personnalités pédophiles (7). Jack Lang aurait fait partie des coupables présumés grâce à des écoutes téléphoniques le mettant en cause (7)(11). En 2011, l’ancien ministre Luc Ferry révélait sur un plateau de télévision que les plus hautes autorités de l’Etat lui avaient rapporté le fait qu’un ministre se serait fait attraper par la police à Marrakech lors d’une orgie avec des enfants. Une enquête a été ouverte suite à ces propos. Elle a alors tourné autour de la personne de Jack Lang. Dans des carnets de Yves Bertrand, le patron des RG, saisis dans le cadre d’une autre enquête, il était inscrit que Jack Lang avait eu des relations avec de petits garçons au Maroc en novembre 2001 (12), mais Yves Bertrand aurait en fait juste reporté des rumeurs (7)(12). De fait, des rumeurs circulaient dans le tout-Paris dès 2001 : Jack Lang après s’être fait prendre aurait été exfiltré par l’Etat français (7)(11). Une dépêche AFP aurait même été publiée sur internet au moment des faits tard le soir, mais elle ne serait restée en ligne qu’un court instant (12). Jack Lang a d’ailleurs été entendu par les enquêteurs en temps que témoin (13). L’affaire débouchera finalement sur un non-lieu (12).

– Jean-Pierre Rosenczveig : Juge pour enfants (1) qui aurait été en relation avec Claude Sigala (2). Lors de la dénonciation de Jean-Claude Krief, il était chef de cabinet de Georgina Dufoix, secrétaire d’Etat à la Famille (7). A l’époque de l’affaire, la DDASS confiait de manière régulière des mineurs aux lieux de vie du CRA, mais ces établissements ne disposaient pas de reconnaissance officielle. Cette institutionnalisation était justement en préparation dans le gouvernement Mauroy (6) : Georgina Dufoix, sous l’impulsion de Jean-Pierre Rosencsveig, travaillait sur un dossier visant à faire que les centres du CAR soient officiellement reconnus par la DDASS (2). En plaine médiatisation de l’affaire du Coral, des photos mettant en scène en homme enlaçant un enfant d’une manière interdite ont circulé. Plusieurs personnes auraient alors reconnu Jean-Pierre Rosenczveig. Les photos seraient même remontées jusqu’au gouvernement (7). L’association de lutte contre la pédocriminalité Morkhoven aurait d’ailleurs identifié Jean-Pierre Rosenczveig sur une photo des CD-ROM de Zandvoort (3)(14). Ces CD-ROM trouvés au Pays-Bas dans un appartement de Zandvoort en 1998 par le Morkhoven contenaient des dizaines de milliers de photos pédocriminelles (15). La photo en question met en scène de façon réprimée par la loi un homme à moitié nu avec un enfant sur les genoux. L’association Morkhoven aurait utilisé un programme d’analyse biométrique pour l’identifier de manière certaine. L’association aurait prévenu la justice sans conséquence (14).

– René Schérer : Philosophe et professeur à l’université Paris VIII. Dans les années 70, il se disait en faveur de la pédophilie. Il a remis en cause le fait que l’inceste ou les rapports sexuels d’enfants avec des adultes soient nocifs pour les mineurs (16). René Schérer avait signé la même pétition de 1977 que Jack Lang (1)(17). Il a témoigné en faveur du pédophile Jacques Dugué lors de son procès (17) en 1981. Ce dernier était accusé d’avoir abusé d’enfants, d’avoir photographié ces actes criminels et d’en avoir fait commerce. Cela impliquait donc l’existence d’un réseau derrière cet homme (1)(18): plusieurs autres personnes seront d’ailleurs incarcérées. Jacques Dugué est condamné à 6 ans de prison suite à cette histoire (18). Il avait été condamné pour pédophilie avant ce procès (1), il le sera encore à plusieurs reprises après ce procès (18). Jacques Dugué disait publiquement, par le biais du journal Libération, que les enfants aimaient avoir des relations sexuelles avec des adultes (1)(17). Mais en réalité, Jacques Dugué était un grand sadique très conscient du mal qu’il faisait aux enfants comme on a pu le vérifier dans sa correspondance privée (1).

– Gabriel Matzneff : Ecrivain. Il a évoqué à plusieurs reprises dans ses écrits ses désirs sexuels pour les enfants. Il a dit dans ses journaux intimes, d’ailleurs publiés, qu’il avait eu de rapports sexuels avec des enfants de 12 ans (19). Comme Jack Lang, René Schérer et de nombreuses autres personnalités, il a signé la pétition de 1977 citée précédemment (1)(17). Gabriel Matzneff est également venu défendre Jacques Dugué lors de son procès de 1981 (17).

– Léonide Kameneff : Psychothérapeute pour enfants (20). Son nom figurait sur une liste de noms qu’aurait donnés Jean-Claude Krief publiée par le Crapouillot. Impossible d’être sûr de la véracité de cette liste partiellement censurée. Cependant plusieurs des personnes évoquées sur la liste ont fait partie des gens entendus ou condamnés dans l’affaire du Coral, ce qui donne un minimum de crédibilité (2). Léonide Kameneff est le créateur de l’Ecole en bateau fondée en 1969. Il s’agissait d’une école alternative dont les élèves faisaient le tour du monde sur des voiliers (20). En fait, derrière ce beau projet, une partie des enfants étaient abusés par Léonide Kameneff et ses collègues (21)(22). Une trentaine de plainte (21) ont été déposées dès 1994 (23) pour des faits datant des années 70 à 90, mais à cause de la prescription seul 9 victimes seront présentes au procès. Au final, Léonide Kameneff a été condamné pour viols et agressions sexuels sur 5 enfants le 22 mars 2013 (21). Il a fallu attendre 17 ans après la première plainte pour que Léonide Kameneff et ses complices soient renvoyés aux assises, un délai incompréhensiblement long. L’Etat a d’ailleurs été condamné à verser 250’000.- aux victimes à cause de cette lenteur (23).

Le 19 octobre, Le juge Salzmann met en examen des personnes extérieures au Coral : Gérard Durant (professeur de musique), Willy Marceau (poète) et René Schérer (1)(2, Libé). Ces accusés sont inculpés pour le même chef d’inculpation que Claude Sigala et ses deux compères (1)(2, Libé)(5). Des comités ont rapidement été créés pour soutenir les inculpés et de nombreux parents des pensionnaires ont soutenu Claude Sigala (1)(4). Le juge Salzmann quant à lui a été attaqué par une partie de la presse. Il a aussi dit avoir été victime de pressions (1). Les avocats de la défense avaient demandé qu’il soit dessaisi à cause d’une irrégularité de procédure. Le 22 novembre, le juge auditionne plusieurs personnalités parisiennes, dont Gabriel Matzneff, sans les mettre en examen. Plus tard, le juge Salzmann aurait aussi inculpé Roger Auffran (directeur de la revue « Possible » qui publie des articles du CRA, c’est un ami de Claude Sigala), Philippe Robert (un ancien pensionnaire) et Marie Sigala (la femme de Claude) pour les mêmes motifs que les précédents inculpés (2).

Peu après ses premières révélations à la police, Jean-Claude Krief, sous l’impulsion de son frère Michel (7), essaient de gagner de l’argent grâce à cette affaire. Ainsi, le 20 octobre, Michel Krief est mis en examen pour chantage envers un ministre (2) : il a été arrêté alors qu’il allait rencontrer le directeur de cabinet de Jack Lang (3)(7). Jean-Claude Krief lui va voir différentes rédactions parisiennes et propose de leur vendre un PV mettant en cause Jack Lang. Il s’est avéré que ce document était en fait un faux (2)(3)(7). A-t-on remis ce PV à Jean-Claude Krief dans le but de le décrédibiliser ou l’a-t-il rédigé lui même ? Seul un membre du corps policier aurait pu fournir le papier à entête très spécifique qui a servi de base au PV. Les fautes d’orthographes et les malfaçons présentes dans le PV ont servi à dire qu’un policier n’avait pas écrit le PV. Cette justification n’est cependant pas valable dans le cas où le policier aurait voulu décrédibiliser Jean-Claude Krief : pour que la fraude soit décelable par les journalistes et que ceux-ci l’attribue à Jean-Claude Krief, il fallait un minimum de fautes évidentes (6). Quelques temps après cet incident, Jean-Claude Krief se serait rétracté. Mais le juge Salzmann disposait d’autres éléments à charge (2).

Le juge Salzman avait en effet bien évidemment entendu des pensionnaires du Coral (1)(2)(4). Plusieurs témoignages étaient accablants et ont confirmé les relations criminelles entre adultes et enfants (1)(2), mais aussi la prise en photo de ces actes. Un article de « Témoignage chrétien » du 25 octobre 1982 parlait de témoignages d’éducateurs temporaires des centres du CRA qui on vu des responsables proposer de passer une nuit avec un pensionnaire. Tout n’est pas cependant sorti que lors de la dénonciation de Jean-Claude Krief. Une famille avait signalé les faits sans succès à la DDASS avant l’éclatement de l’affaire (1). Une voisine du Coral a porté plainte le 19 octobre 1982, car des enfants du Coral lui avait parlé de pratiques pédocriminelles, or ces mêmes enfants se seraient déjà plaints six mois en arrière. La DDASS aurait enquêté, mais n’aurait pas donné suite. La défense a bien entendu affirmé que les enfants du Coral étaient particulièrement influençables (4).

Etant donné qu’il était question de photographies pédopornographiques, des preuves ont été recherchées. Des photos auraient été fournies par Jean-Claude Krief (4), d’autres (environ 2000) auraient été saisies chez Roger Auffran (2)(4). Jean-Claude Krief aurait aussi dit que des photos prises au Coral figuraient dans les magazines « L’inceste » et « Lolita. » La police se serait donc procurée des exemplaires. Il n’a cependant pas été précisé à l’époque de l’affaire si les photos étaient plutôt exhibitionnistes (avec l’enfant seul) ou pornographiques (mêlant enfant et adulte), la police et les avocats de la défense se contredisant à ce propos (4). Plusieurs photos prises au Coral auraient été retrouvées bien des années plus tard sur les CD-ROM de Zandvoort (1).

Au final, un procès a eu lieu en mars 1986. Aucune personnalité n’était finalement sur le banc des accusés. Verdict : Claude Sigala, Jean-Noël Bardy, Jean-Pierre Lannez et Gérard Durant sont condamnés (1)(2) à 3 ans de prison dont un avec sursis (2). Roger Cortes (un éducateur) est condamné (1)(2) à 18 mois de prison. Marie Sigala, Alain Chiapello et Yves Renard (un éducateur) ont été relaxés. Tous les condamnés ont fait appel et, en 1987, les peines de l’ensemble des accusés ont été réduites. Résultat : aucun des condamnés n’a dû aller en prison à la sortie du tribunal : certains n’avaient plus que du sursis, les autres ont vu leur peine confondue avec une ancienne ou couverte par la détention provisoire effectuée. Ce n’est vraiment pas cher payé quand on sait que les victimes avaient décrit très clairement des viols (2)(3).

L’affaire du Coral est revenue à la surface en 1997. La Direction de la surveillance du territoire (DST) découvrait alors des archives classées secret défense dans un garage des Yvelines. C’est Christian Prouteau, le chef de la cellule antiterroriste de l’Elysée, qui les avait entreposées là. La DST a donné une partie des archives à trois juges d’instructions différents. Parmi les dossiers confidentiels retrouvés, un portait sur l’affaire du Coral (7)(24). L’homme qui aurait confié ce dossier sur le Coral à Christian Prouteau est Paul Barril, un ancien collègue du GIGN (7). Celui-ci aurait dit avoir été chargé de stopper l’enquête sur le Coral à cause des personnalités impliquées dans l’affaire (9). Il aurait aussi dit que François Mitterrand ne se préoccupait pas de savoir si les faits étaient vrais ou pas, mais qu’il voulait juste que la pression sur le gouvernement s’arrête. Des hommes auraient été envoyés sur le terrain pour résoudre le problème. Le commandant Barril aurait eu à sa disposition des copies des photos supposées mettre en cause Jean-Pierre Rosenczveig (7).

Source : antiogre.overblog.com

  1. « Le livre de la honte – les réseaux pédophiles », Serge Garde et Laurence Beneux, 2001, Le cherche midi, pp.163-166
  2. http://fr.scribd.com/doc/57910363/Crapouillot-Affaire-du-Coral-1982
  3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Coral
  4. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0938_19821030/OBS0938_19821030_075.pdf
  5. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0938_19821030/OBS0938_19821030_074.pdf
  6. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0938_19821030/OBS0938_19821030_076.pdf
  7. « Sexus Politicus », Christophe Deloire et Christophe Dubois, 2006, Albin Michel
  8. http://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_de_recherche_et_d%27information_sur_l%27enfance_et_la_sexualit%C3%A9
  9. http://aivi.org/fr/medias/communiques/1860–jack-lang-defenseur-des-droits-ou-defenseur-des-pedophiles-
  10. http://fr.wikipedia.org/wiki/Apologie_de_la_p%C3%A9dophilie#France
  11. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/secrets-et-ragots_484524.html?p=2
  12. VSD n° 1857 – Du 28 Mars au 3 Avril 2013
  13. http://www.rtl.fr/actualites/info/article/affaire-luc-ferry-l-audition-secrete-de-jack-lang-7756888552
  14. http://www.youtube.com/watch?v=Vo5KCz_ps0c
  15. http://www.youtube.com/watch?v=z4Y0kLc346Y
  16. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Sch%C3%A9rer
  17. http://fr.wikipedia.org/wiki/Apologie_de_la_p%C3%A9dophilie
  18. http://www.liberation.fr/societe/0101342065-avec-le-pedophile-jacques-d-des-victimes-de-pere-en-fils
  19. http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Matzneff
  20. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/03/04/01016-20130304ARTFIG00435-l-affaire-de-pedophilie-de-l-ecole-en-bateau-aux-assises.php
  21. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/03/22/01016-20130322ARTFIG00697-ecole-en-bateau-kameneff-condamne-a-12-ans-de-prison.php
  22. http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/22/ecole-en-bateau-le-fondateur-condamne-a-12-ans-de-prison_1853022_3224.html
  23. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/02/08/01016-20120208ARTFIG00589-l-etat-condamne-pour-une-enquete-de-17-ans.php
  24. http://www.lexpress.fr/informations/les-archives-explosives-du-prefet-prouteau_621693.html
Yves Bertrand sur rmcAu cours de l’émission « Les Grandes Gueules » diffusée sur RMC le 27/11/2008, Yves Bertrand, ancien patron des Renseignements Généraux, évoque « un ministre soupçonné de pédophilie dans les années 80. Celui-ci n’aurait jamais été inquiété ». Dans l’original manuscrit de ses Carnets, Yves Bertrand cite également nommément Jack Lang comme étant le ministre pris dans une partouze pédophile au palace La Mamounia, à Marrakech (Maroc) et ayant été exfiltré discrètement sur ordre de l’Elysée.

Le Crapouillot – Les pédophiles – Homos et pédophiles

.Le_Crapouillot_-_Les_pedophiles_-_Homos_et_pedophilesAuteur : Le Crapouillot
Ouvrage : Les pédophiles Ballets roses Ballets bleus – Homos et pédophiles les affaires : Doucé, Dugué, Garnier, le Coral, Le Troquer Ecrivains et taupes rouges. L’État proxénète Le sida
Année : 1984 – 1993

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Le mercredi 13 octobre 1982, une escouade de gendarmes prend position autour d’une vieille ferme d’Aimargues, dans le Gard, à quinze kilomètres de Nîmes. Rapidement l’ordre d’assaut est donné et les forces de l’ordre s’élancent. Après avoir fouillé consciencieusement chacune des pièces de la maison principale ainsi que les bâtiments annexes, les gendarmes retournent sur Montpellier, emmenant avec eux trois personnes qui seront interrogées par des policiers de la brigade des stupéfiants et du proxénétisme. Ils ont effectué le déplacement tout exprès… L’identité des trois personnes interpellées sera donnée un peu plus tard : il s’agit de Claude Sigala, trente-neuf ans, directeur de centre, d’Alain Chiapello, trente-cinq ans, médecin psychiatre et de Jean-Noël Bardy, vingt-six ans, éducateur. Cette affaire ne tardera pas à avoir un nom : Coral ! Un nom qui lui va à merveille car ce scandale pluridirectionnel va bientôt se muer en règlement de comptes. Et l’on verra s’y mêler, dans un grouillement répugnant, pédophilie, homosexualité, corruption de fonctionnaire, chantage auprès de ministres bien en cour, tentative de déstabilisation et pressions politiques en tout genre… Avec, pour parachever le tout, l’intervention de policiers verreux qui vont, sur ordre, tenter de compromettre — on dit moins élégamment : de mouiller — plusieurs journaux d’opposition. Au cours de l’enquête, on va s’apercevoir en effet, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, que la pédophilie et l’homosexualité, qui motivèrent initialement les recherches, cèdent la place, sous les projecteurs, à la production d’un faux grossier qui servira de mobile pour saisir un confrère et ruiner de réputation un ministre. Mais, pour bien comprendre tous les épisodes plus ou moins tortueux de ce scandale, il convient de procéder avec la minutie d’un horloger franc-comtois. Des sympathies à gauche Le mercredi 13 octobre, donc, les policiers investissent et passent au peigne fin le centre Coral dirigé par Claude Sigala. Créé en 1976 grâce à un don de la Fondation de France et à un prêt consenti par le Crédit Agricole, le centre Coral a pour but l’accueil et la protection de jeunes handicapés. Il se veut un endroit privilégié pour enfants autistes et débiles plus ou moins fortement atteints, où tous les troubles du comportement y seraient soignés, de la psychose profonde à la toxicomanie juvénile en passant par la délinquance primaire, considérée comme une « maladie ». A l’origine de ce genre d’établissements, les « lieux de vie », un homme, Claude Sigala. Une quarantaine d’années, le visage rond sur fond de cheveux bouclés, un rien négligé et portant par prédilection le pantalon de velours côtelé sans âge et sans forme, le « docteur » Sigala est l’animateur du Coral et des autres centres qui ont vu le jour sous son impulsion. Le programme de Sigala et de ses amis : faire sortir les handicapés du cadre « institutionnel » — hôpital ou maison spécialisée — en établissant des « rapports privilégiés entre éducateurs et malades ». Il s’agit en vérité d’un des nombreux avatars du courant antipsychiatrique né dans les années soixante et « récupéré » en mai 68. Aux murs de l’asile, on opposera les bras accueillants du thérapeute aux traitements agressifs, la parole compréhensive aux règles d’autorité traumatisante, l’épanouissement par l ‘improvisation . Il convient de noter que si les principes qui inspirent ce genre d’endroit sont généreux, ils peuvent aussi couvrir de nombreux abus. De fait, les centres attirent rapidement tout ce que la féconde famille des « psy » compte de ratés à la compétence douteuse, de marginaux qui y trouvent le gîte et le couvert… et bientôt, comme on l’apprendra, d’amateurs de chair fraîche aux arrière-pensées rien moins qu’éducatives… En infiltrant le milieu des thérapeutes, en « théorisant » à qui mieux mieux, ces derniers se sont érigés bientôt en école de pensée. Et, comme il se doit, se sont dotés de moyens d’expression et de communication : la revue « Possible » entre autres, qui fait l’apologie des amours pédérastiques, et tout le circuit du CRA (Collectif des réseaux alternatifs). L’arrivée au pouvoir en mai 1981 de François Mitterrand et des socialistes donne à Sigala et à ses émules des idées de grandeur. En effet, certaines de ses relations occupent maintenant des postes importants dans certains ministères. Jean-Pierre Rosenczveig, par exemple, appartient au cabinet de Georgina Dufoix, secrétaire d’Etat à la famille. Grâce à certaines interventions, un groupe de travail est mis sur pied après l’élection présidentielle pour proposer aux DDASS (Directions départementales des affaires sanitaires et sociales) une intégration — autrement dit, une reconnaissance officielle — des quarante centres du type Coral. Au moment où l’on arrête Claude Sigala, le dossier d’intégration se trouve sur le bureau même de Georgina Dufoix : l’accord, on le voit, n’aurait pas tardé à intervenir. Mais alors, que viennent chercher les policiers parisiens dans cette ferme provençale, et qui les envoie ? On le saura très vite, niais pas grâce aux policiers qui gardent un mutisme troublant. En fait les forces de l’ordre interviennent dans le cadre d’une commission rogatoire délivrée par le juge Michel Salzmann, magistrat instructeur à Paris, sur plaintes de parents d’enfants vivant au Coral et sur la foi d’une dénonciation détaillée. Motif : « attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de moins de quinze ans et excitation de mineurs à la débauche ». En investissant le Coral les policiers espèrent donc trouver des preuves, des photos, des documents, obtenir des témoignages. Le juge Salzmann, qui dirige officiellement l’enquête, est une figure. Ce jeune magistrat, d’une pugnacité sympathique n’est pas dénué d’ambition. Or, il sent dès le début que son dossier est explosif et risque, s’il ne fait pas long feu, de faire parler de lui. Homme d’action plus que de réflexion il va mener son enquête tambour battant, ne reculant devant aucun moyen ni aucune pression. Sa conduite personnelle, on le verra plus tard, n’est pas innocente ni exempte d’irrégularités. Un casse-cou le juge Salzmann ? Plutôt deux fois qu’une. L’enquête policière se déroule dans une atmosphère de secret très inhabituelle, même pour une affaire de moeurs. Impossible en effet à la presse, dans ces premiers jours, de connaître le mobile réel de ces arrestations. Mais le fait est que, très rapidement, cette sordide affaire quitte son cadre provençal pour rejoindre la capitale, puisque dès le 16 octobre Michel Salzmann demande que les trois prévenus soient déférés dans son cabinet parisien. Il désire les entendre personnellement. Le 18 octobre, c’est chose faite ! Mais les informations sont toujours tenues sous le boisseau. Ce que l’on sait, c’est qu’avant d’entrer dans le cabinet du magistrat, Claude Sigala hurle son innocence, se prétend l’objet d’une machination. Mais le juge a déjà pris sa décision et, sur la base des éléments d’enquête recueillis à Aimargues par les policiers de la brigade de répression des stupéfiants et du proxénétisme aux ordres du commissaire Riou, il inculpe les trois éducateurs et décide leur incarcération immédiate. Sur place, les enquêteurs auraient découvert un fait nouveau, et d’une gravité exceptionnelle : Claude Sigala a en effet accepté le retour dans son centre d’un ancien stagiaire, auteur d’un meurtre en 1977, après sodomisation, d’un pensionnaire alors âgé de onze ans. Le criminel n’avait pas été jugé, les experts psychiatriques ayant établi son irresponsabilité mentale. Jean-Pierre Lannez, âgé de 17 ans à l’époque des faits, avait été interné dans un établissement psychiatrique. Or, il était revenu au Coral dans les semaines qui précédaient le déclenchement de l’affaire et certains enfants se seraient plaints de son comportement. Autre coïncidence, sa disparition… juste avant les premières arrestations. (Source : histoireebook.com)

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