L’affaire DUTROUX et le réseau de notables qui n’existait pas

Du réseau international au prédateur isolé…

Le 17 juin 2004, après un procès de quatre mois et presque trois jours de délibérations, les douze jurés chargés de se prononcer sur la culpabilité des quatre accusés de « l’Affaire Dutroux » rendent leur verdict devant la cour d’assises d’Arlon en Belgique: Marc Dutroux est jugé coupable de toutes les charges retenues contre lui. Il était le chef d’une association de malfaiteurs à l’origine des enlèvements, séquestrations et viols de six fillettes, du meurtre de quatre d’entre elles, ainsi que d’autres enlèvements, séquestrations et du meurtre de son complice Bernard Weinstein. Le jury parle de Marc Dutroux comme d’un « provocateur » ou « chef de bande » ayant participé à ce titre à une « association impliquée notamment dans les enlèvements et séquestrations » des jeunes filles. Il sera condamné quelques jours plus tard à la réclusion à perpétuité.

Marc_Dutroux_seul accuseSa bande? Deux membres (les seuls?) étaient également sur le banc des accusés: son épouse Michelle Martin, condamnée à 30 ans de réclusion, et Michel Lelièvre, condamné, lui, à 25 ans. De terribles malfaiteurs, mais une bien modeste association…

Et l’homme d’affaires escroc Michel Nihoul dans tout ça? Dutroux dénonçait ce grand organisateur de partouzes pour le gratin belge (Nihoul l’a reconnu) comme le commanditaire des enlèvements pour un réseau pédophile, à l’opposé de la théorie du « prédateur isolé » Marc Dutroux. Après de difficiles délibérations, les jurés l’acquittent de toute participation ou complicité dans ces enlèvements faute d’une majorité suffisante: sept en faveur de sa culpabilité (une majorité, donc!) et cinq contre. C’est finalement le ralliement des trois magistrats aux jurés minoritaires qui fera pencher la balance de la justice de l’autre côté: huit contre sept! Nihoul sera certes condamné à cinq ans de prison pour sa responsabilité dans un trafic de stupéfiants, de faux papiers, de véhicules et même d’êtres humains, (c’est bien peu pour tout cela, non?) mais ce verdict est un véritable coup d’assommoir – ou un enterrement de première classe, si l’on peut dire – pour la thèse du réseau.

Dutroux le « monstre de Charleroi », comme l’avait surnommé la presse belge, finira donc ses jours en prison. C’est le moindre des soulagements pour les familles des victimes et les survivantes de ses atrocités. Mais après huit années d’instruction houleuses, l’entière vérité n’est pas sortie du procès, loin s’en faut. Le grand quotidien francophone «Le Soir», qui titre au lendemain de l’épilogue « Le jury a douté avec les Belges », souligne que ce verdict « ne referme pas » l’affaire Dutroux. Et à l’heure des peines prononcées, c’est bien celle dont écope Nihoul qui retient l’attention de la presse. Dans une édition spéciale, le quotidien francophone «La Dernière Heure» titre ainsi: « Nihoul sauve sa peau ». A contre-courant tout de même, «La Libre Belgique» estime, elle, que toute la lumière a été faite et évoque « un verdict sans zones d’ombres »… On croit rêver. Ses journalistes avaient-ils vraiment suivi le procès? Et le dossier?

Michel Nihoul bénéficie donc du doute, et c’est toute la thèse des « croyants » qui s’évapore. Les « croyants »? Ceux qui sont persuadés que Dutroux n’est qu’un maillon d’une organisation beaucoup plus vaste, un véritable réseau avec Michel Nihoul pour chef d’orchestre et passeur de commandes, destiné à fournir des jeunes filles pour satisfaire les pulsions de personnalités haut, parfois très haut placées au sein de la classe politique, judiciaire, du monde des affaires ou encore de la noblesse du Royaume. A l’opposé: les « incroyants », incrédules jusqu’au bout face à ce qui n’est à leurs yeux que du ressort de la rumeur, l’absence de preuve formelle ou d’aveux lors du procès venant encore renforcer leur sentiment.

Bref, il n’y a pas de réseau pédophile.

dutroux-reseau

Vraiment? Aujourd’hui, chacun peut se faire une idée précise et se forger une opinion étayée à la seule lecture d’une synthèse des auditions réalisées par les enquêteurs belges tout au long de leurs recherches. Synthèse mise en ligne en 2011 sur le web par Wikileaks et largement rediffusée sur la toile. A vrai dire, ces documents (près de 1100 pages au total) pouvaient déjà être obtenus via Internet, de manière plus ou moins confidentielle, au début des années 2000 (le C.I.D.E. les a eu en sa possession dès cette époque…) Une première chose frappe: le nombre de personnes auditionnées, le nombre de perquisitions, de vérifications au fil des pages… Un travail de police colossal, quel qu’en soit le résultat final, quels que soient les bâtons dans les roues, les empêcheurs de suivre les pistes, les mutations des plus zélés des enquêteurs dont plusieurs, célèbres, ont fini par poser les plaques écœurés. L’un d’eux fera même une grève de la faim…

Le lecteur courageux (il faut un peu de persévérance car ce n’est pas exactement de la littérature…) assiste alors à un impressionnant défilé de témoins auditionnés, dont les fameux « témoins X », ces victimes avérées ou supposées de réseaux pédocriminels, que l’anonymat devait protéger mais dont on découvrira finalement quelques noms et visages dont celui de la plus célèbre: « X1″ alias Régina Louf.

Dossier X : Témoignage Régina Louf (Complet)

Le lecteur assiste surtout à un incroyable « déballage » de noms, des accusés cette fois, des abuseurs, tortionnaires, ou meurtriers supposés. Et c’est tout le gratin, le gotha belge qui défile à l’écran, des personnalités actuelles ou passées du monde politique (jusqu’au plus haut niveau de l’Etat!), du monde judiciaire (jusqu’aux plus hautes instances), du monde des affaires (les plus grandes sociétés du Royaume sont concernées), de la noblesse enfin (jusqu’au plus haut niveau une fois encore…) Ils sont tous là ou presque…

Mais trop, c’est trop, justement… Comment y croire? Le premier sentiment, précisément, est celui des « incroyants ». C’est tout simplement inimaginable… De telles personnalités, respectables et respectées pour la plupart, auteurs de pareilles ignominies? Balivernes, racontars, médisances… Des folles! On tentera d’en faire passer certaines pour telles, précisément… Un procédé parfaitement rôdé, comme on le verra dans un autre chapitre.

Trop, vraiment? On peut retourner la situation de 180 degrés. Comment autant de témoignages concordants sur autant de personnes? Comment imaginer que tous ces témoins X se soient à ce point concertés – même si certains se connaissent? – Tant de noms, tant de lieux, tant de scènes, de gestes dont les descriptions se recoupent…

A leur propos, bien plus précis que les synthèses d’auditions, les procès-verbaux des auditions des témoins « X » sont une descente hallucinante vers les enfers des réseaux, des partouzes, des chasses à l’enfant, des tortures, des meurtres dans de merveilleux châteaux ou propriétés du Royaume. A lui seul, le recueil des procès-verbaux originaux des auditions de Régina Louf (X1), publié par Jean Nicolas et «L’Investigateur» sous le titre « L’horreur de la pédophilie » est un panorama édifiant et complet de l’état de déliquescence du Royaume.

Aller plus loin :

Mais soit. Tout cela est tellement incroyable… Laissons ces témoignages de côté. Y en a-t-il d’autres? Y a-t-il d’autres traces de l’existence de tels actes de barbarie – jusqu’aux rituels sataniques parfois – en Belgique? Par le passé peut-être?

dutrouxLes synthèses des PV d’enquête du dossier Dutroux ont précisément aussi remonté le fil de l’Histoire. On y retrouve les heures sombres de l’époque des « Tueurs du Brabant », qui ont semé mort, terreur et zizanie dans la première partie des années 1980, ou de « l’affaire Pinon » – du nom d’un psychiatre bruxellois qui a dénoncé à la même période une vaste affaire de « ballets roses » impliquant encore une fois ministres, magistrats, avocats, policiers, noblesse… Jusqu’à Albert II (prince à l’époque). Rumeurs infondées, dira la justice à plusieurs reprises (le dossier a été littéralement scellé, enterré à l’époque dans le coffre-fort du Procureur du Roi de Nivelles, Jean Deprêtre. Mais le magazine «L’Investigateur» en a publié un extrait édifiant: la retranscription d’un enregistrement sonore). De fait, et malgré les nombreux efforts des « étouffeurs », « l’affaire Pinon » ne cessera au fil des années de ressortir de son carton et de rebondir. Les synthèses des PV de l’affaire Dutroux montrent que les enquêtes autour du « monstre de Charleroi » ont rouvert tous les placards des affaires Pinon et « Tueurs du Brabant »… Et voilà que le l’on retrouve un certain nombre – un nombre certain, plutôt – de mêmes personnages, de mêmes personnalités, à la croisée des chemins de ces trois dossiers. Et défilent d’autres enlèvements, disparitions, tortures, morts, dont celle de Christine Van Hees dans l’affaire dite « de la Champignonnière ».

Au-delà de ces PV policiers, tout avait été écrit, publié, étayé, prouvé, bien avant le procès de 2004. Il suffit pour s’en convaincre de lire ou relire l’ouvrage « Dossier Pédophilie – Le scandale de l’affaire Dutroux » de Jean Nicolas et Frédéric Lavachery, édité chez Flammarion en 2001. Ils écrivent dans leur avant-propos:

« On verra que l’affaire Dutroux, même si son éclosion ne pouvait trouver terrain plus favorable que celui d’une Belgique au pouvoir politique vermoulu, dispose de ramifications internationales, notamment slovaque, française et allemande. Et qu’elle se révèle symptomatique de l’échec du système belge.

Car quand la loi est paralysée parce que le nom du Roi, sacré et inviolable, est évoqué, à tort ou à raison, dans plusieurs affaires criminelles devenues des scandales d’Etat, rumeurs dont il faudra bien un jour ou l’autre explorer le fondement; quand des enquêteurs bloquent parce que certains membres de leur hiérarchie envoient des messages clairs; quand des faux en écriture et des falsifications de disques durs se produisent, il faut prendre conscience qu’une certaine idée de la démocratie est en péril. A se demander même si les fameux « dysfonctionnements » de cette affaire sont forcément toujours fortuits.

Pas de doute, le dossier Dutroux semble aller beaucoup plus loin qu’on l’a d’abord cru: c’est une affaire d’Etat. »

Trois ans avant le verdict d’Arlon, la cause semble déjà entendue. La vérité ne sortira pas… Et les deux auteurs de mentionner et décrire notamment, dans leur livre, la piste européenne, les liens établis entre Dutroux et certains pays, ses déplacements.

Certaines de ces informations, et d’autres, sont parvenues également et « collatéralement » au C.I.D.E. – au détour de dossiers a priori sans lien entre eux ni avec l’affaire Dutroux (les analyses du C.I.D.E. montreront précisément le contraire…) Il s’agissait pour l’essentiel de mères françaises (et d’un ou deux pères…) demandant l’aide du C.I.D.E. dans leur affaire mêlant systématiquement séparation, divorce, garde du ou des enfants et abus sur mineurs par un groupe de personnes autour du père (ou de la mère) accusé(e). Voir à ce propos le chapitre « L’affaire des mères françaises ».

Or, le nom de Marc Dutroux apparaît dans plusieurs dossiers du C.I.D.E., en lien avec un réseau pédocriminel à composante sataniste.

Ainsi F. M., mère de S. et R., affirme que Marc Dutroux s’est rendu à son domicile parisien à plusieurs reprises entre juin 1993 et 1995. R. a reconnu par ailleurs l’appartement de Nihoul, comparse de Dutroux, dans un reportage TV de «Canal+» sur Dutroux. La description faite a été confirmée par Frédéric Lacroix, journaliste de «Canal +».

Dans l’affaire D.-A., O. évoque – parmi les lieux où elle était emmenée avec son frère J. pour y subir de nombreux outrages – un « endroit à la campagne », une grande maison dans une propriété. Elle dit y avoir vu notamment Dutroux.

N. M. (dossier en Ardèche) affirme avoir rencontré Dutroux à deux reprises en présence de son père et de deux autres hommes qu’elle ne connaît pas. Elle l’a reconnu tout de suite à la télévision au moment où l’affaire a éclaté en Belgique.

En fait, il existe nombre de traces du passage de Dutroux en Ardèche, dans le sud de la France et jusque dans les Pyrénées comme le montrent les recherches (non réalisées par le C.I.D.E. mais transmises à celui-ci) autour de l’affaire S. B., une adolescente petit rat de l’opéra de Toulon, littéralement déchiquetée dans un accident de la route qui n’a de toute évidence jamais eu lieu, à Albertville, en 1995…) Le jeune homme responsable de ce pseudo-accident, C. M. C., fait partie de la famille M. C. (Albertville et Privas) en lien avec l’affaire M., mais aussi C. à Nice. Il est notamment établi qu’entre 1987 et 1994, Dutroux voyageait entre la France et la Belgique, particulièrement à Privas où M. M. et lui étaient très amis avec A. L. M. (témoignage d’A. L. M. elle-même). Cette dernière a confirmé à X. B. (père de S., qui s’est battu jusqu’au bout – en vain – pour faire éclater la vérité sur la mort de sa fille) les relations entre les C. et Dutroux.

Un procureur de Privas, dont le fils serait handicapé, aurait eu lui-même à faire à Dutroux. Son fils avait été violé et des rapports de police avaient été faits sur des accusations de torture, et de pédophilie envers des mineurs de l’hôpital psychiatrique de Sainte-Marie à Privas. Dutroux et d’autres personnes auraient été impliquées. Affaires étouffées.

Laissons à l’ex-épouse de Michel Nihoul, Annie Bouty, le soin de conclure ce chapitre, par la plume de Jean Nicolas et Frédéric Lavachery. Ces derniers relèvent (p. 132) de leur livre que

« reste énigmatique le fait qu’on n’ait guère cherché à franchir les frontières de la Belgique pour enquêter sur les réseaux amicaux de Dutroux and Co. Or Annie Bouty, l’ex-femme de Nihoul, a déclaré aux enquêteurs que deux Français, un certain Guy et un certain Michel, travaillaient avec son mari et maquillaient des voitures. Elle a même précisé que son ancien compagnon avait accompagné le Michel en question en Normandie et avait peur de lui parce qu’il avait déjà été arrêté pour meurtre. Nihoul, de son côté, avait reconnu connaître depuis 1992-1993 un autre Français, né à Belfort, héroïnomane ami d’un certain Caspar Flier, citoyen hollandais, omniprésent dans les dossiers de Neufchâteau (ndlr: les dossiers d’enquête sur Dutroux et les précédentes affaires), et de Michel Lelièvre, lié aussi à Michaël Diakostavrianos. Autant d’intervenants que l’on retrouve au cœur de ce qu’on pourrait appeler L’Europe de Marc Dutroux ».

Dutroux, ce prédateur isolé…

(Extrait du Rapport du CIDE)


 

La haute politique impliquée
dans des sex-parties avec des enfants

Le 13 août 1996 le violeur d’enfants et meurtrier belge Marc Dutroux était arrêté. Mais il n’a été inculpé comme auteur principal que sept ans et demi plus tard, même s’il y avait de nombreux indices qui montraient qu’il était impliqué dans un réseau pédophile.

Connexe : Un ex-juge va héberger Michelle Martin, l’ex-femme de Dutroux, chez lui

 

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Une réflexion sur “L’affaire DUTROUX et le réseau de notables qui n’existait pas

  1. « L’affaire Marc Dutroux jouée au théâtre par des enfants »

    « Faire jouer l’affaire du tueur pédophile Marc Dutroux par des enfants au théâtre, c’est le pari du metteur en scène suisse Milo Rau, auteur de pièces en prise avec le réel comme les « Derniers jours de Ceaucescu » ou « Hate radio » sur le génocide rwandais.
    « Five easy pieces », montée au théâtre des Amandiers de Nanterre, en région parisienne, jusqu’au 19 mars (avant Brighton en Angleterre, Ostende et Roulers en Belgique, Barcelone, ou Rotterdam) est née d’une commande du centre Campo à Gand, spécialiste du travail théâtral avec des enfants.
    « Lorsque Campo m’a demandé de travailler dans leur série de pièces d’enfants pour un public d’adultes, je me suis dit Belgique + enfants, je vais travailler sur Dutroux », explique le metteur en scène à l’AFP.
    « Dans mes précédents projets sur la Belgique, j’ai souvent croisé cette affaire Dutroux, qui réunit les grands traumatismes belges: les élites qui ne marchent pas bien, la fin de l’industrie minière, la perte des colonies – le père de Dutroux est né au Congo belge et y a vécu jusqu’à l’âge de six ans ».
    A la surprise de Milo Rau, les enfants sélectionnés au terme d’un très long casting (7 retenus sur 200 candidats) « connaissaient assez bien l’affaire. Mais pour eux, c’était un mythe, un conte, quelque chose d’éloigné. Pour de jeunes enfants, les années 90, c’est un peu comme la Deuxième Guerre mondiale pour nous ».
    Ce qu’on a appelé « l’affaire Dutroux » s’est déroulé en 1995 et 1996. En juin 1995, Dutroux enlève Julie et Mélissa, deux petites filles de huit ans et demi et neuf ans, qu’il séquestre dans des conditions atroces dans une cache minuscule.
    Ce sont ensuite An et Eefje, 17 et 19 ans, qu’il décide d’éliminer, puis Sabine Dardenne, 12 ans, et enfin Laëtitia Delhez, 14 ans. Seules Sabine et Laëtitia, libérées après l’arrestation de leur tortionnaire le 13 août 1996, survivront.
    Dans la pièce, on verra une seule des victimes de Dutroux, Sabine, jouée par une petite fille de 9 ans, Rachel Dedain.
    Autour d’elle, les acteurs-enfants incarnent le père de Marc Dutroux, les policiers chargés de la reconstitution, le roi des Belges, Patrice Lumumba…
    Loin de se borner à reconstituer l’affaire Dutroux, la pièce est à la fois une plongée dans l’histoire de la Belgique et le « making off » d’un atelier de théâtre enfantin.
    – « Un des derniers tabous de notre temps » –
    « Il y a dans la pièce des moments documentaires purs mais aussi beaucoup d’éléments venus des enfants, de ce qui s’est passé pendant les répétitions, qui ont duré six mois », raconte Milo Rau.
    « C’est aussi pour ça que la pièce a pris cette forme d’une petite école de théâtre: comment jouer un vieillard, comment montrer une émotion, quelle est la relation entre le metteur en scène et l’enfant ».
    Le spectateur est à la fois subjugué par la présence scénique des enfants, ému, et profondément dérangé par le contraste entre l’acteur enfantin et les faits relatés.
    « C’est un thème qui m’intéresse dans le théâtre depuis toujours, le statut du spectateur, le voyeurisme, ce qui se passe quand on regarde des enfants jouer cette affaire qui est peut-être un des derniers tabous de notre temps, la pédophilie, la mise en scène du corps de l’enfant et de l’émotion de l’enfant », explique Milo Rau.
    La pièce n’est à aucun moment impudique, et ne met jamais en péril les enfants, parfaitement maîtres de leur jeu et conscients de la différence entre leur personnage et leur vrai « moi ».
    L’un réclame immédiatement le rôle du roi, le second veut jouer « les vieux », le troisième affiche son amour de la police et de l’uniforme.
    Une fin très poétique permet de s’échapper de la noirceur du propos. La pièce s’inscrit dans une trilogie sur l’histoire du théâtre dont Milo Rau prépare le dernier opus, autour de l’occupation du théâtre de l’Odéon à Paris en mai 1968. »

    http://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/l-affaire-marc-dutroux-jouee-au-theatre-par-des-enfants-15-03-2017-6763878.php

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