Affaire Kripten : Samir Aouchiche et abus rituels au JT en 1997 (Archive INA)

Affaire Kripten: Samir Aouchiche au JT en 1997 (Archive INA)

Voici un passage qui relate le déroulement d’une cérémonie de la secte « Alliance Kripten ». Il s’agit d’abus rituels sur des enfants qui se déroulent en plein coeur de Paris dans les sous-sols de la gare Saint-Lazare… ce qui rappelle vaguement les témoignages de deux enfants dans le désormais tristement célèbre reportage « Viols d’enfants, la fin du silence » (2000)

(La cérémonie d’alliance, p.66 à 71)

– Pourtant, Samir ne s’est pas trompé : quelques minutes plus tard, tous les trois descendent dans les sous-sols de la gare pour gagner la salle de tai-chi-chuan. Mais là, rien n’est comme d’habitude. À l’entrée du couloir qui mène à la salle, deux hommes au crâne rasé, vêtus comme des skinheads mais en plus propres, fouillent tout le monde. Lorsque Pröhne arrive devant eux, ils claquent des talons et font une caricature de salut nazi. Steelarow se mord les lèvres lorsque, sans ménagement, les deux brutes le fouillent. Un peu comme s’il s’attendait à recevoir des coups… Une fois leur « palpation » terminée, ils se tournent vers Pröhne.

« Et le petit Beur, on le tartine ou on le fouille ? » Pröhne et les deux cerbères éclatent de rire…

Enfin, ils arrivent dans la salle. Là encore, le décor a changé. Les murs sont maintenant tendus de tissu noir, les néons sont éteints et des halogènes éclairent la pièce indirectement. Un immense triangle mauve est dessiné sur le sol, et une sorte de damier a été posé en son centre. De chaque côté du triangle, deux espèces de colonnes d’environ deux mètres se dressent tels des obélisques. L’une est noire et blanche, l’autre rouge et verte. Au fond de la pièce, face à l’entrée, sur une sorte d’estrade encadrée de quatre candélabres, deux gros fauteuils rouge et or semblent attendre un couple royal d’opérette.

Cinq à six enfants sont là, certains visiblement accompagnés de leur père ou de personnes qui leurs sont proches. Un petit garçon d’environ six ans qui refusait de lâcher la main de son père reçoit une gifle monumentale qui l’envoie rouler au sol sous les rires des adultes, visiblement ravis par le spectacle de ce garçonnet à moitié assommé. Steelarow oblige Samir, effrayé par la violence de la scène, à s’asseoir avec ses deux gagneuses, qui, elles, n’arrêtent pas de rire. Immédiatement, les adolescentes commencent à taquiner Samir en le frappant du bout des doigts, un peu partout sur les fesses, sur la tête… Samir se protège comme il le peut… Ses cicatrices lui font encore mal.

Mais les filles se lassent vite de leur jouet et ne tardent pas à s’arrêter. Peut-être viennent-elles de se rappeler que Samir avait des pansements il y a encore peu.

Samir n’en croit pas ses yeux ! Les adultes sont vêtus de façon singulière. La plupart portent de grandes saies blanches, certaines sont vert et rouge. D’autres sont tout habillés de cuir, ce qui est le cas d’Ondathom, que Samir vient de voir passer devant lui. D’autres sont torse nu mais portent un masque. Ils sont une vingtaine en tout à arborer des tenues hétéroclites. Tous sont agglutinés près de la petite pièce attenante à la salle. En l’occurrence, elle semble servir de vestiaire, car les hommes et les femmes en sortent tous avec une tenue plus ou moins bizarre, alors qu’ils y étaient entrés en tenue de ville. Ajouilark est là aussi, drapé dans une saie rouge. Sur sa poitrine est dessiné un énorme triangle mauve bordé de noir et surmonté d’une croix blanche. Son visage est masqué, mais Samir connaît trop bien ses yeux pour ne pas le reconnaître. Ajouilark attrape Steelarow et lui désigne une grosse coupe en métal. Avec ce calice, le jeune homme fait le tour des participants, afin que chacun y dépose une grosse liasse de billets. Samir n’a jamais vu autant d’argent. Les gagneuses à côté de lui, le chahutent à nouveau.

– Tu vois tout ce blé, mon petit Smir ? Tu sais pourquoi c’est faire ?

– Non !

– C’est pour préparer les vaisseaux spatiaux qui vont tous nous emmener sur Uranus ! Ce soir, ce qu’on va faire, c’est un peu comme un gala de bienfaisance !

Les deux adolescentes éclatent d’un rire nerveux et strident, mais Samir ne les écoute plus. Dans la petite salle où les adultes revêtent leur costume de cérémonie, quelqu’un parle. Quelqu’un qu’il ne voit pas, mais cette voix domine l’assemblée, s’impose, et petit à petit tous l’écoutent.

« Honte ! Honte ! Le pasteur Doussaide vous a dit qu’il avait honte ! Mais il s’est fichu de vous, cher maître. Il fornique toujours à tour de bras entre Paris et Marseille à toutes les cérémonies où je l’invite. Ne me faites pas rire. Il s’est fichu de vous, voilà tout !… »

Samir vient de reconnaître cette voix ; c’est la même qui tous les matins, lui donne des ordres. Tout à coup, la voix a un visage. La femme qui parle avec autant d’assurance sort du vestiaire et marche droit sur Samir. Elle porte la même tenue qu’Ajouilark, elle est blonde, âgée d’un peu plus de quarante ans, et un nuage de parfum lourd et sucré l’entoure. L’odeur ecoeure Samir. Immédiatement, les deux gagneuses se mettent à genoux, tandis qu’un coup de pied brutal dans la chaise de Samir et un aboiement l’obligent à faire de même :

« À genoux devant l’empereur ! »

Dans l’assemblée, quelques personnes gloussent de cette rhétorique digne d’un mauvais péplum hollywoodien. Mais l’Empereur reste digne.

« Alors te voilà ! Un grand chemin nous attend, mon petit Smir. Tu le ne sais pas encore, mais le plaisir et la joie seront bientôt pour toi choses quotidiennes. Déjà, ils sont nombreux ceux qui te réclament  et auprès de qui nous allons t’envoyer comme messie ! »

Une musique de messe retentit et l' »Empereur », suivie du commandeur, se dirige vers l’estrade. Pendant ce temps, Steerlarow s’affaire et prépare sur des plateaux d’argent de grandes lignes de ce que Samir apprendra plus tard être de la cocaïne. Ondathom saisit le bras de Samir pour le guider, avec les gagneuses et les autres enfants, devant l’estrade, où tous se mettent en rang. Les adultes se répartissent, avec une sorte de bonne humeur grivoise, sur les côtés du triangle, face aux colonnes et à l’estrade. Pröhne, qui un instant s’était absenté, revient avec son chien et l’attache à la poignée de la porte de sortie. Pendant que les plateaux passent dans l’assistance, Ondathom et le Chinois déshabillent sans ménagement les enfants. Certains sanglotent, d’autres se protègent le visage comme s’ils s’attendaient à recevoir des coups d’un instant à l’autre. Une fois que tout semble en ordre, le Chinois va se placer à la droite de l’estrade et Ondathom à sa gauche. Les conversations vont bon train : un homme qui porte un masque rouge se déclare sensible aux fesses de Samir, une femme habillée d’une saie blanche n’a déloges que pour les gagneuses de Steerlarow…

L’Empereur lève les bras et, sur un ton pathétique, exhorte ses ouailles au silence.

« Ave, mes frères ! Ave ! »

Dans un mouvement d’ensemble à peu près réussi, tous lèvent le bras et saluent à la romaine.

« Saluons le triangle symbole de notre ordre, saluons la swastika, éternel soleil qui régénère nos âmes, saluons les forces secrètes qui, dans la nuit, marchent à nos côtés. »

Tous hurlent « Ave ! » en levant le bras. Ondathom et le Chinois ont fait s’agenouiller les enfants. L’Empereur reprend :

« Ils voudraient nous voir renoncer. Ils veulent notre destruction, que nous abandonnions devant leur moral. Mais nous ne cèderons pas ! Nous sommes le coeur, l’ultime cercle qui fera renaître le vrai monde, celui des hommes libres, celui de la race des seigneurs. Leur morale chrétienne est celle des sous-hommes, alors je vous invite, ce soir encore, à célébrer notre alliance avec les forces qui finiront par nous donner la victoire… Ave ! »

Tous en coeur, presque par jeu, reprennent cet ave que vient de leur lancer l’Empereur et certains font à nouveau le salut. Pendant le discours de l’Empereur, Ondathom, un ciboire en cuivre à la main, a fait boire aux enfants une gorgée d’un liquide rouge amer. Tous ressentent alors rapidement la même chose. La tête leur tourne. Ils ne sombrent pas dans l’inconscience, mais ils sont pris, soudainement, dans une sorte de brouillard. Les adultes constatent les effets de la drogue car les enfants s’avachissent les uns sur les autres. L’Empereur continue :

« Commandeur, portez la bannière à l’est ! »

Ajouilark prend l’étendard en question et va le placer sur le mur est de la pièce. Il représente une croix dorée avec un T blanc sur son axe qui est aussi le centre d’une étoile à six branches, formée de deux triangles, l’un de couleur rouge, l’autre bleu.

« Commandeur, portez la bannière à l’ouest ! »

Le drapeau de l’ouest est un triangle or sur un fond bleu avec une croix rouge en son centre. Samir voit ces bannières comme à travers un brouillard, mais les symboles qui y sont inscrits marqueront son esprit à tout jamais. L’Empereur lève ses bras vers le ciel et ferme les yeux pour mieux se concentrer.

« Oh vous puissants princes du Quadrilatère du feu, je vous invoque, vous que je connais par l’honorable titre et le rang des seigneurs. Écoutez nos prières, oh ! vous puissants princes qui êtes les six formes du Quadrilatère du feu et qui portez les noms de Aa-et-péo-i, Aapédoké, Adoéoéto, Anodo-i-nou, Alanoudavoda, Arinounapé. Soyez présents avec moi en ce jour. Infusez dans ces jeunes êtres (l’Empereur semble bénir les enfants) la vigueur et la pureté, vous qui êtes les maîtres des puissances élémentaires que vous contrôlez, et que ces jeunes êtres puissent rester un véritable symbole de la force intérieure et spirituelle de notre ordre. » (Ce rituel est l’un de ceux de la Golden Dawn et semble être celui auquel Samir a été le plus souvent soumis)

Samir n’entend presque plus les paroles de l’Empereur, il a l’impression de tomber, d’être pris dans un tourbillon. Tout tourne, les visages se mélangent, et c’est à peine s’il entend le commandeur déclamer :

« Les corps de ces enfants sont le pain que nous partageons. Ils cèlent nos liens et, par notre sexualité enfin libérée du joug des oppresseurs judéo-chrétiens, nous nous purifions, nous réintégrons le plans sacré des chevaliers célestes de l’ordre de l’Alliance Kripten. Le sexe et tous les plaisirs de nos sens sont la seule loi à satisfaire. Servez-vous mes frères, au nom du prince notre seigneur, et honneur à Thulé… »

Le commandeur a joint le geste à la parole et a relevé sa saie, laissant apparaître un sexe dressé. Il s’approche d’une petit fille d’environ douze ans qui sanglote depuis le début de la cérémonie. L’enfant résiste à peine à Ajouilark lorsque celui-ci l’oblige à le recevoir dans sa bouche. Déjà, des hommes et des femmes se sont écartés pour se livrer à leur jouissance, d’autres saisissent des enfants… Samir se sent palpé, retourné… puis sombre dans une sorte de coma éveillé, une insensibilité totale comme si tout cela n’était pas vrai, que son corps n’était pas son corps, comme s’il n’était qu’un observateur de cette odieuse réunion… (ndlr: état dissociatif)

Lorsque Samir rouvre les yeux, il ne reconnaît rien. Ni le lit, ni la chambre, ni les étranges tableaux qui décorent les murs. Il se lève pour regarder à la fenêtre, mais ni le jardin ni les maisons voisines qu’il peut voir ne lui sont davantage familiers. Des bruits de vaisselle lui parviennent de la pièce d’à côté, et une odeur de café chatouille bientôt ses narines. Samir a faim et il prend soudainement conscience qu’il est nu. Il cherche ses vêtements. Ils sont là, en tas, sur une chaise. En enfilant ses habits, Samir sent les douleurs de son corps se réveiller. Son ventre lui fait mal, son sexe aussi, la tête lui tourne… Le pantalon sur les genoux, il est obligé de se rasseoir. La porte s’ouvre alors sur un homme rondouillard d’une cinquantaine d’années qui lui sourit.

« Et bien mon petit, ça ne va pas ? »

Samir ne répond pas.

« Hier soir, la cérémonie t’a mis K.O. et l’Empereur a pensé que tu serais mieux chez moi pour passer la nuit… Je t’avoue que je me suis laissé faire. »

Un sourire passe sur les lèvres de l’homme, encore vêtu d’un peignoir rouge, qui reste un moment silencieux devant l’enfant recroquevillé sur lui-même.

(…)

Source : mk-polis2.eklablog.com

 

Introduction, pages 32-33 (par le journaliste Bruno Fouchereau) :

« Les tortionnaires de Samir sont en liberté. Ils continuent leurs activités de pourvoyeurs d’enfants à des pédophiles parisiens, cela j’ai pu le constater. Ils animent différentes associations d’action sociale tournées vers les mineurs. J’ai aussi rencontré d’autres enfants ayant été manipulés par Kripten. Bien qu’ils n’aient pas subi l’influence de ce réseau aussi longtemps que Samir, leurs témoignages confirment en grande partie le sien, notamment lorsqu’ils évoquent la disparition pure et simple, par l’action de cette secte, de certains d’entre eux… »

Chapitre I, page 52 :

« Samir est considéré comme une bonne affaire car nul ne se préoccupe de lui: il n’est suivi par aucune assistante sociale, sa mère est alcoolique, son père vit avec une autre femme et ses frères sont presque analphabètes. Il constitue donc la proie parfaite. Il y a tout de même un problème. Samir est très indépendant et reste sur la défensivem c’est un écorché. Il faut donc le briser pour le rendre docile. »

 

Chapitre II, page 56 :

« Il faut encore que je te dise une chose, mon petit Smir… Il faut que je te prévienne… Si jamais tu parles de Kripten, ne serait-ce qu’une seule fois, même un tout petit peu… eh bien on fera la même chose à tes frères qu’à toi. Ensuite on les tuera, on tuera ta mère, et on bouffera vos cadavres! Tu as compris, Smir Karo ? »

Chapitre II, pages 61-62 (sorte de prière qu’on lui a ordonné de se réciter) :

« Samir Aouchiche est parti et ne reviendra plus en moi. Je suis Smir Karo, guerrier de l’Alliance Kripten. Personne ne me fait peur et j’obéirai toujours à mes chefs, qui sont les véritables guides de la vraie religion. L’Alliance Kripten, c’est le bien, le mal, c’est les autres, et je ne céderai pas à leurs tentations. L’Alliance Kripten, c’est le bien, le mal, c’est les autres, et je ne céderai pas à leurs tentations. Mes chefs viennent d’Uranus. Ils ont créé la race humaine. C’est eux qui feront la race des surhommes grâce au sexe, à la force et à la purification. Je suis Smir Karo de l’Alliance Kripten et je jure de toujours obéir à mes chefs. L’Alliance Kripten, c’est le bien, le mal, c’est les autres, et je ne céderai pas à leurs tentations. Amen! »

Chapitre IV, pages 83-85 :

« Homosexuel, il l’est forcément, mais c’est surtout la beauté des adolescents qui l’inspire. Willy n’a rien à voir avec les brutes de Kripten, bien qu’il soit, lui aussi, un pédéraste. Il est incapable de violer un enfant ou de payer pour cela. (…) Willy vit ses tendances homosexuelles surtout dans le rêve et le fantasme. Alors, ce jeune garçon qui s’invite chez lui, ça le perturbe… agréablement. (…)
– On pourrait peut-être se coucher?
Willy en a le souffle coupé. L’enfant devance ses désirs… Mais il n’est pas question de ça… du moins tant qu’il n’aura pas levé quelques-uns des voiles qui recouvrent l’existence de ce mystérieux jeune garçon. (…) A peine Willy a-t-il débarrassé la table que Smir est déjà presque nu.
– Mais qu’est-ce que tu fais? Je n’ai même pas encore préparé ton lit!
Cette fois, c’est Samir qui est interloqué. Willy ouvre le canapé-lit du salon, installe des draps, une couette, pose une petite lampe de chevet à la tête du lit. Puis il disparaît quelques instants et revient avec du linge de toilette qu’il tend à Samir, en même temps qu’une pile de bandes dessinées.
– Tu prends du café, le matin, ou du chocolat?
– Du chocolat!
– Ca va aller?
Samir ne répond pas… Il pleure.
(…)
– Nous avons appelé chez toi et tu n’y étais pas… Alors?
– J’étais… au squat parce que j’avais raté le dernier métro.
Samir s’est entendu dire ce mensonge… Quelque chose vient d’essayer de parler à sa place, ou à la place de Smir. Quelque chose vient d’essayer de protéger Willy.
(…)
Lorsque Willy se réveille, il découvre le mot de Samir: « Je t’aime, je suis là ce soir si tu veux de moi. »

Chapitre IV, page 90 :

« Smir, tu es notre chose et les forces de l’Alliance avec le prince ne te permettront jamais de nous quitter. Kripten est la voie de la puissance… Mais toi… tu peux devenir moins qu’une chose. Nous pourrions te tuer tout de suite, car tu n’es rien. Tu n’existes que par notre désir, notre volonté, notre force… Tu dois obéir en toute chose! Aujourd’hui est une nouvelle phase de ton initiation. Si tu franchis le pas, tu vivras… Arrache la tête de cette poule avec tes dents et nous renoncerons à vous tuer immédiatement, toi, tes frères et ta mère… Décapite cette bête et accepte ta damnation! Par ce geste, tu seras au moins quelque chose! Tu entreras dans l’Alliance! Tu SERAS l’Alliance! »

Chapitre V, page 93 :

« Dix jours que Willy tourne en rond. Dix jours qu’il passe et repasse tous les lieux où il espère trouver Samir… Rien, pas une trace, il s’est comme volatilisé. (…) L’enfant l’avait pris pour l’un de ces pédophiles qui draguent les enfants en leur payant des parties. En réalité, Willy fait une enquête sur la prostitution enfantine. Et Willy est tombé amoureux de Samir. De ce chat sauvage… L’enfant s’est offert à lui sans demander la moindre contrepartie. (…) Willy se refuse à faire l’amour avec Samir tant que les choses ne seront pas plus claires… Mais le rêve s’est brisé. Samir a disparu depuis dix jours. »

Chapitre VI, page 107 :

« Willy note dans son journal: « Vingt et un mars 1987, Samir parle à nouveau la nuit, ses cris me réveillent. Il pleure aussi. Je ne sais pas comment le calmer. Hier, il est resté cinq heures assis dans un fauteuil, sans dire un mot et sans bouger… »

Chapitre VI, page 113 :

« – En août, je pars à Londres avec ma soeur Hifja. Je resterai là-bas trois semaines…
Willy bondit.
– Tu te moques de moi?
– Ben, non! Pourquoi?
– Tes histoires avec ton père et ta soeur, tu ne penses tout de même pas que j’y crois?…
– Mais je vais vraiment à Londres!
– Ça, je veux bien le croire… Mais est-ce que cela ne serait pas plutôt avec Ondathom et compagnie qu’avec ta soeur Hifja?
– Pourquoi tu es méchant ? Tu sais bien que je fais ce que je peux… Qu’est-ce que tu veux? Que je me suicide? Que les autres me tuent? »

Chapitre VI, page 117 :

« – Inspecteur P.?
– Oui!
– C’est Willy Marceau… Je suis très inquiet pour le jeune Samir Aouchiche!
– Qu’est-ce qu’il y a encore?
– Les gens de Kripten s’apprêtent à lui faire quitter le territoire!
– Bon, écoutez! Je n’ai pas le temps de m’occuper de vos fantasmes, mon vieux, et…
– Mais ce ne sont pas des fantasmes! Je peux moi-même vous indiquer l’endroit à partir duquel le réseau de prostitution fonctionne en ce moment même!
– Bien sûr ! … Et je parie que c’est dans une soucoupe volante !
– C’est au domicile de Benoît Bernard… Celui que les enfants appellent Ondathom…
– Ecoutez-moi bien ! Si vous continuez comme ça, c’est vous que l’on va coffrer ! Vous ne comprenez pas ? Vous voulez que je vous fasse un dessin?
(…)
Willy vient d’avoir la preuve de ce qu’il redoutait le plus : la brigade de protection des mineurs est au moins l’alliée passive des réseaux de l’Alliance Kripten. »

Chapitre VI, page 121 :


« Le lendemain, à l’heure dite, Samir Aouchiche descend du train. Son visage en dit long sur son état, il boîte, ses vêtements sont sales, il est maigre…, on pourrait le croire sorti d’un camp de concentration. (…) Dans les bras de Willy, le jeune garçon s’effondre. Tous deux, péniblement, vont gagner une tête de taxis. Une fois chez Willy, Samir va dormir pendant trois jours… »

Chapitre VII, pages 124-125 :

« – Où avez-vous rencontré Samir Aouchiche?
– A Paris, sur les marches d’une station de métro!
– Quel âge avait-il?
– Douze ans!
– Connaissez-vous sa mère?
– Oui ! Mais cela n’a aucune importance. Cet enfant est la victime d’une secte satanique qui dissimule un réseau de prosti…
– Répondez aux questions qu’on vous pose et ne nous faites pas ch… avec vos délires d’extraterrestres… Où avez-vous rencontré Samir Aouchiche?
– A Paris, sur les marches d’une station de métro!
– Quel âge avait-il?
– Douze ans!
– Connaissez-vous sa mère?
– Oui… »

Chapitre VII, page 133 :

« Dans son sommeil quasi hypnotique, Smir revoit ces heures de délire et d’horreur,,, ces instants partagés avec ces gens dans l’accomplissent d’actes criminels ritualisés, orchestrés et justifiés par un discours mystico-politique, véritablement ciment qui lie ces hommes et ces femmes dans un réseau qu’ils veulent indestructible. Et les images reviennent en boucle dans l’esprit de Smir. Il ne cesse de se repasser encore et encore les scènes de violence dont il a été témoin pendant les jours et les nuits qu’il a passés dans cette église désaffectée et profanée. Le visage de cette petite fille de onze ans, par exemple. Après l’avoir battue chacun leur tour avec une sorte de bouquet de fleurs et d’épines qu’ils se repassaient, les participants sous la houlette de l’Empereur, avaient formé un grand cercle. Une jeune adolescente de seize ans, habillée d’une saie blanche avec une croix rouge sur la poitrine, chantait une lente mélopée. Smir voit encore et encore cette fillette en larmes attachée sur une table, qui appelle son papa présent dans l’assistance. Il l’entend le supplier !
… L’homme qu’elle appelle « papa » porte aussi une saie blanche avec une cape noire sur les épaules; il a le visage couvert d’un masque rouge et, de ses yeux exorbités, il fixe l’enfant mais ne bouge pas. Brusquement, un homme bondit au milieu du cercle, grimé en monstre et le corps revêtu d’une peau de bête, et se dirige vers la petite fille. L’Empereur et trois autres personnes que Smir n’a jamais vues auparavant se mettent à réciter une sorte de prière dont chaque phrase est reprise en choeur par l’assistance. Puis l’homme grimé se jette sur l’enfant et, à l’aide d’un petit scalpel, entreprend de lui lacérer le dos. Des fines et longues blessures – au moins cinq ou six -, le sang ruisselle sur la table, puis dans des rigoles prévues à cet effet. Deux assesseurs recueillent le liquide encore chaud dans des calices pendant que l’homme grimé, après l’avoir saignée, viole la fillette.
L’Empereur, elle, s’est fait présenter le sang.
(…)
Elle boit une gorgée puis la coupe est présentée au père de l’enfant qui boit lui aussi. Enfin, tous les autres font de même. »

Chapitre VII, page 134 :


« Le 21 novembre, l’audience est courte. Willy, à la surprise générale, n’évoque en aucune manière Kripten et ses réseaux, et le juge se garde bien d’aborder le sujet. Samir va essayer maladroitement de prendre la défense de Willy en expliquant qu’il avait été le seul adulte à prendre soin de lui, mais le juge le fait taire. Le verdict sera lapidaire. Willy est condamné à deux ans de prison dont huit mois avec sursis. L’avocat, maître de Felice, est sidéré. Willy s’effondre.
Après l’audience, seul, Samir rentre directement à Aubervilliers. Dans l’armoire de sa mère, il prend tous les tubes de médicaments qu’il peut trouver. Dans sa petite chambre accrochée à l’immense bloc de béton, il vide les tubes un par un, et, bientôt, le sommeil l’envahit.
(…)
Lorsque Willy apprend le geste de Samir, il croit que son coeur va s’arrêter de battre. »

Chapitre VII, page 139 :

« A la fin de l’année 1991, les craintes du docteur Salavin deviennent réalité. Samir disparaît et ne donne aucune nouvelle pendant dix jours. (…) Willy ne se fait aucune illusion, Smir est retourné dans la secte (…).

Source : indotalk.vraiforum.com via mk-polis2.eklablog.com

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